Manifestation anti-électorale Nous étions peu, nous étions là


par : Contributeur ou contributrice extérieur

Voici un contre-rendu rapide de l’ambiance au centre-ville de Grenoble le soir du premier tour des élections présidentielles.

Nous étions peu nombreux, nous étions là. En traversant la ville vers 20 heures, il n’y avait aucun signe d’un soubresaut populaire. Les premiers résultats venaient de tomber, et nous évoquions le souvenir du soir du 21 Avril 2002, losrque Le Pen père était arrivé au 2ème tour et le monde dans la rue.

Ce soir, pas de gens qui sortent de chez eux spontanément, pas d’indignation, pas de soulèvement. Un dimanche soir, les rues vides, un match sur les écrans de télé. En arrivant vers le centre-ville, des petits groupes parlent de se rassembler, répondant à l’appel contre le cirque électoral. Nous convergeons vers Notre-Dame.

Là-bas, vers 21h30, nous serons quelques 200 personnes. C’est peu, et pourtant nous partons dans les ruelles, en criant l’envie d’être rejoints, convaincus que bien d’autres, devant le résultat et le cirque glaçant qui l’a précédé, sentiraient la chaleur accueillante de la rue. C’est ce qui résonnait dans nos slogans. Nous n’aurons pas le temps d’en profiter.

La Préfecture l’avait promis dans la presse : tous les effectifs de police étaient sur le pont. En deux-deux, nous sommes coincés place Jean Achard par des sbires préparés et en surnombre. Une dispersion quasi immédiate. Moins de cinq minutes après, les rues du centre-ville étaient rétournées au calme plat. À l’ordre.

Nous étions peu, mais c’était bon d’être là. À lundi.


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